Messe et Adoration

 

Objection : un certain nombre de personnes ne voient pas le lien entre la messe et l’adoration et pensent que l’adoration risque de détourner les fidèles de la messe. Voilà quelques extraits du magistère...

 

"L'Assemblée des Évêques a voulu attirer l'attention sur l'importance de la relation intrinsèque entre célébration eucharistique et adoration. Dans cet aspect significatif de la foi de l'Église, se trouve l'un des éléments décisifs du chemin ecclésial, réalisé après la réforme liturgique voulue par le Concile Vatican II. Alors que la réforme accomplissait ses premiers pas, le rapport intrinsèque entre la Messe et l'adoration du Saint-Sacrement ne fut parfois pas assez clairement perçu. Une objection alors diffuse se faisait jour, par exemple, dans l'affirmation selon laquelle le Pain eucharistique ne nous serait pas donné pour être contemplé, mais pour être mangé. En réalité, à la lumière de l'expérience de prière de l'Église, une telle opposition se révélait privée de tout fondement. Déjà saint Augustin avait dit: « nemo autem illam carnem manducat, nisi prius adoraverit;... peccemus non adorando – Que personne ne mange cette chair sans d'abord l'adorer;... nous pécherions si nous ne l'adorions pas ». Dans l'Eucharistie, en effet, le Fils de Dieu vient à notre rencontre et désire s'unir à nous; l'adoration eucharistique n'est rien d'autre que le développement explicite de la célébration eucharistique, qui est en elle-même le plus grand acte d'adoration de l'Église. Recevoir l'Eucharistie signifie se mettre en attitude d'adoration envers Celui que nous recevons. C'est ainsi, et seulement ainsi, que nous devenons un seul être avec Lui et que nous goûtons par avance, d'une certaine façon, la beauté de la liturgie céleste. L'acte d'adoration en dehors de la Messe prolonge et intensifie ce qui est réalisé durant la Célébration liturgique elle-même. En fait, « ce n'est que dans l'adoration que peut mûrir un accueil profond et vrai. Et c'est bien par cet acte personnel de rencontre avec le Seigneur que mûrit ensuite la mission sociale qui est renfermée dans l'Eucharistie et qui veut briser les barrières non seulement entre le Seigneur et nous, mais aussi et surtout les barrières qui nous séparent les uns des autres". (Benoît XVI, Sacramentum Caritatis, 66)

 

"L'adoration est une prière qui prolonge la célébration et la communion eucharistique et dans laquelle l'âme continue à se nourrir: elle se nourrit d'amour, de vérité, de paix; elle se nourrit d'espérance, parce que Celui devant lequel nous nous prosternons ne nous juge pas, ne nous écrase pas, mais nous libère et nous transforme" (Benoît XVI, homélie Fête-Dieu, 2008)

 

Le mystère eucharistique – sacrifice, banquet, présence – n'admet ni réduction ni manipulation; il doit être vécu dans son intégrité, que ce soit dans l'acte de la célébration ou dans l'intime échange avec Jésus que l'on vient de recevoir dans la communion, ou encore dans le temps de prière et d'adoration eucharistique en dehors de la Messe… (Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia, 61)

 

"Il convient tout particulièrement, aussi bien dans la célébration de la Messe que dans le culte eucharistique hors de la Messe, de développer une vive conscience de la présence réelle du Christ, en prenant soin d’en témoigner par le ton de la voix, par les gestes, par les mouvements, par le comportement tout entier. À cet égard, les normes rappellent - et j’ai eu moi-même l’occasion de le rappeler récemment - l’attention qui doit être portée aux moments de silence dans la célébration comme dans l’adoration eucharistique. En un mot, il est nécessaire que les ministres et les fidèles traitent l’Eucharistie avec un très grand respect. La présence de Jésus dans le tabernacle doit constituer comme un pôle d’attraction pour un nombre toujours plus grand d’âmes pleines d’amour pour lui et capables de rester longuement à écouter sa voix et à entendre presque les battements de son cœur. «Goûtez et voyez : le Seigneur est bon!» (Ps 33 [34], 9). En cette année, puisse l’adoration eucharistique en dehors de la Messe, constituer un souci tout spécial des communautés paroissiales et religieuses ! Restons longuement prosternés devant Jésus présent dans l’Eucharistie, réparant ainsi par notre foi et notre amour les négligences, les oublis et même les outrages que notre Sauveur doit subir dans de nombreuses parties du monde. Dans l’adoration, puissions-nous approfondir notre contemplation personnelle et communautaire, en nous servant aussi de textes de prière toujours imprégnés par la Parole de Dieu et par l’expérience de nombreux mystiques anciens ou plus récents! Le Rosaire lui-même, entendu dans son sens le plus profond, biblique et christocentrique, que j’ai recommandé dans la Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariæ, pourra être une voie particulièrement adaptée à la contemplation eucharistique, réalisée en compagnie de Marie et à son école." (Mane Nobiscum Domine, 18, Jean-Paul II, 2004) 

 

"Un tel culte qui s’adresse par conséquent à la Trinité du Père, du Fils et de l’Esprit Saint, accompagne et pénètre avant tout la célébration de la liturgie eucharistique. Mais il doit aussi remplir nos sanctuaires même hors des heures de messe. Puisque le mystère eucharistique a été institué par amour et qu’il nous rend le Christ sacramentellement présent, il est digne en vérité d’action de grâces et de culte. Ce culte doit apparaître dans chacune de nos rencontres avec le Saint-Sacrement, quand nous visitons nos églises, ou quand les saintes espèces sont portées et administrées aux malades. L’adoration du Christ dans ce sacrement d’amour doit trouver ensuite son expression en diverses formes de dévotion eucharistique : prière personnelle devant le Saint-Sacrement, heures d’adoration, expositions brèves, prolongées, annuelles (quarante heures), bénédictions eucharistiques, processions eucharistiques, congrès eucharistiques.

Le culte eucharistique est donc justement une expression de cet amour, qui est la caractéristique authentique et la plus profonde de la vocation chrétienne. Ce culte jaillit de l'amour et sert à l'amour, auquel nous sommes tous appelés en Jésus-Christ (22). La perfection de l'image de Dieu que nous portons en nous, image qui correspond à celle que le Christ nous a révélée, est un fruit vivant de ce culte. En devenant ainsi des adorateurs du Père " en esprit et en vérité " (23), nous croissons dans une union toujours plus parfaite avec le Christ, nous Lui sommes toujours plus unis et - s'il est permis de s'exprimer ainsi - nous sommes toujours plus solidaires de Lui." (Dominicae Cenae, le Mystère et le culte de la Sainte Eucharistie, Jean-Paul II, 24 février 1980)

 

Laissez les comprendre que par ce type de prière devant le Christ au Saint-Sacrement, ils prolongent cette union qu’ils ont acquise avec lui dans la communion, et renouvellent l’alliance qui les engage à pratiquer dans leur vie et leur conduite ce qu’ils ont reçu dans la foi dans la célébration de l’Eucharistie et dans la réception du sacrement. (Eucharstiae Sacramentum, 21 juin 1973)

 

Les fidèles, lorsqu’ils adorent le Christ présent dans le Saint-Sacrement, doivent se rappeler que cette présence dérive du Sacrifice et tend à la communion tout à la foi sacramentelle et spirituelle (Congrégation des Rites, Instruction sur le culte de l’Eucharistie, Eucharsiticum Mysterium, 25 Mai 1967).

En conséquence, la dévotion qui amène les fidèles à rendre visite au Saint-Sacrement les rapproche toujours plus de la participation du Mystère Pascal. (50. Eucharsiticum Mysterium, 25 Mai 1967. Instruction sur le culte du mystère eucharistique.)

La célébration de l’Eucharistie dans le sacrifice de la Messe est l’origine et la consommation du culte envers l’Eucharistie hors de la Messe. (Eucharisticum Mysterium, e, 25 Mai 1967)

Le mystère de l’Eucharistie doit donc être considéré dans toute sa plénitude, non pas seulement dans la célébration de la messe, mais aussi dans le culte des espèces sacrées qui restent après la messe et sont réservées pour étendre la grâce du sacrifice. (g. Eucharsiticum Mysterium, 25 Mai 1967. Instruction sur le culte du mystère eucharistique.)

 

" L’Église Catholique fait profession de rendre ce culte d’adoration au Sacrement de l’Eucharistie non seulement durant la Messe mais aussi en dehors de sa célébration " (Mysterium Fidei, Paul VI, 1965)