Saint Augustin d'Hippone (354-430)

En parlant de Dieu, à propos de l'Eucharistie:

"Tout puissant qu’il soit, il n’a rien pu faire de plus grand,
tout sage qu’il soit, il n’a rien pu trouver de plus admirable,
tout riche qu’il soit, il n’a pas pu faire un plus précieux présent."

 

Personne ne mange cette chair à moins qu'il ne l'ait d'abord adoré... non seulement nous ne péchons pas si nous adorons, mais nous pécherions si nous n'adorions pas. (cf. Enarr ; in Ps 98, 9 CCL XXXOX 1385). Benoît XVI cite ce passage et le commente:"De fait, dans l’Eucharistie nous ne recevons pas simplement quelque chose. Celle-ci est la rencontre et l’unification de personnes ; cependant, la personne qui vient à notre rencontre et qui désire s’unir à nous est le Fils de Dieu. Une telle unification ne peut se réaliser que selon la modalité de l’adoration. Recevoir l’Eucharistie signifie adorer Celui que nous recevons" (Benoît XVI, Voeux 2005)

 

"Ce pain que vous voyez sur l’autel, une fois sanctifié par la parole de Dieu, est le corps du Christ. Cette coupe, ou plutôt le breuvage qu’elle contient, une fois sanctifiée par la parole de Dieu, est le sang du Christ. Notre Seigneur Jésus Christ a voulu nous confier là son corps et son sang, qu’il a répandu pour nous en rémission des péchés. Si vous les avez bien reçus, vous êtes vous-mêmes celui que vous avez reçu" (Sermo 227, 1; PL 38, 1099). Par conséquent, "nous sommes devenus, non seulement des chrétiens, mais le Christ lui-même" (PL 35, 1568). "Le Christ n'est pas dans la tête sans être dans le corps, le Christ est tout entier dans la tête et dans le corps" (PL 35, 1622).

 

files/saints/Augustin.jpg

 

« O sacrement de la piété, signe de l’unité, lien de la charité. »

 

« Recevez ce que vous êtes et devenez ce que vous recevez »

 

Il met sur les lèvres du Christ ces paroles: "Je suis l’aliment des grands ; grandis et tu me mangeras. Tu ne me transformeras pas en toi, comme la nourriture de ta chair, mais c’est en moi que tu te transformeras" (Confessions VII, x, 16).

 

Ce pain sacré nous apprend donc combien nous devrions chérir l'unité. En effet, est-il formé d'un seul grain? N'est-il pas au contraire composé de plusieurs grains de froment? Ces grains, avant d'être transformés pour devenir du pain, étaient séparés les uns des autres; l'eau a servi à les unir après qu'ils ont été broyés. Car si le froment n'est moulu, et si la farine ne s'imbibe d'eau, jamais on ne peut en faire du pain. C'est ainsi que durant ces jours passés, vous étiez en quelque sorte écrasés sous le poids des humiliations du jeûne et des pratiques mystérieuses de l'exorcisme. L'eau du baptême est venue comme vous pénétrer ensuite, afin de faire de vous une espèce de pâte spirituelle. Mais il n'y a pas de pain sans la chaleur du feu. De quoi le feu est-il ici le symbole? Du saint chrême: car l'huile qui entretient le feu parmi nous est la figure de l'Esprit Saint. Ainsi donc le Saint-Esprit viendra comme le feu après l'eau, et vous deviendrez un pain sacré, le Corps de Jésus-Christ.